BLOC NOTE DE LA REDACTION


N° 29 : LA PAIX N’ A PAS DE PRIX

 

Après avoir longtemps hésité, l’été s’étala de long en large si l’on puis dire avec la Coupe du monde ou Z/Zidane malgré un port majestueux conservé nous gratifia en finale d’un geste qui ne le grandissait pas .Peut être, entrevoyant la défaite décida t’il de s’éclipser d’un geste vengeur : PLUTÔT MOURIR QUE PERDRE.
Et, la canicule où cette fois l’Etat français, la leçon retenue compris qu’un remake de l été 2003 serait cette fois compté double. Avec en plus la présidentielle 2007 qui approchait, les politiciens ou les politiques, Chirac et consorts conservèrent leur costumes : c’en était touchant.
Tout le monde se préparait à partir en vacances. Et nous comme vous étions prêts à planter tout à la mode de chez nous – l’on verrait bien à la rentrée factures, projets, emmerdes, etc… Rien n’était urgent – jamais comme jamais les autoroutes n’avaient autant fait le plein.
Et c’est alors qu’en plein été, Le Hezb’Allah captura deux soldats Israéliens à la frontière, allez savoir pourquoi, c’était de la provoc pour sur. L’imam Nasrallah pariant qu’Israël se dégonflerait – après le même épisode du Hamas à Gaza , les conditions d’un drame étaient réunies - l’Etat d’Israël se décida à répondre, la tâche n’était pas aisée (la campagne de Sharon 82 au Liban était dans toutes les mémoires).Le Hezb’Allah était partout ; à Beyrouth sud, au sud Liban, dans la plaine de la Bekaa, dans des caches … chez les civils, du scolaire au social.. l’on saura plus tard que le Q G du Hezb’allah était enterre sous un Hôpital ..Un mini Vietnam attendait TSAHAL en terrain connu.. pas tant que ça on allait le voir.
Les US déclarèrent la riposte d’Israël légitime ; la France, en plein 14 Juillet, elle, trouva cette riposte disproportionnée. Le G8 réuni à Moscou tapa en touche pour quinze jours. En bref personne ne misait sur de tels développements : on laissa faire
Les MEDIAS en boucle nous montrèrent l’horreur de la guerre ; vous savez la mort des innocents ça passe mal au 20h surtout si l’on ne sait pas pourquoi ces innocents meurent et de quel camp sont-ils ?d’ ailleurs existe-t-il un camp meilleur qu’un autre pour mourir Allez le faire comprendre aux journalistes ; Quelle info de m. : ce que j’entendais ne me convenais pas . Les vacances commençaient et la radio nous passait en boucle le dernier tube de J. Clerc –je veux vivre une vie de rien -C’est alors qu’un signal intérieur me fit comprendre qu’il fallait aller voir ce pays toujours autant décrié, attaqué, ISRAEL en pleine tourmente ,ce pays aussi un peu le mien , pour témoigner. Après tout, Tel Aviv, c’était seulement 3h30 d’avion.

Israël était bien tombé dans la provocation du Hezb’Allah ,lui qui avait évité par deux fois l’engrenage des guerres d’Irak (1991, 2003 ), se trouvait plongé une nouvelle fois dans la guerre (en plus une guerre de celle ou l’on est jamais sur de gagner, ou l’ennemi utilise des katiouskas téléguidés par téléphone portable et des fous de dieu maniant machettes et sauvageries avec délectation.)
Je décidais donc de partir pour Jérusalem ou ma mère éperdue d’amour pour sa famille était perdue seule dans un cimetière si grand, mais un cimetière n’est il pas toujours trop grand et la vie ne se termine t’elle pas toujours seul ?.. Je lui dédiait donc mon amour éternel moi qui ne le lui avait plus dis depuis si longtemps.
La vie reprit le dessus, la beauté de Jérusalem sur laquelle un très grand saint avait déjà tout dit, « dans le monde sur dix mesures de beauté, Dieu en a réservé neuf pour Jérusalem et une pour le reste du monde » allait à nouveau m’éblouir.

Voilà ce que je vis, je tenais à vous en faire part à mon retour.

Je revisitais Jérusalem avec les souvenirs de mes vingt ans, le DEJJ, L’UEJF, Kathy ,Myriam, les quartiers de la vieille ville, MEA-SHEARIM, la KNESSET, YAD-VASHEM, le mont des Oliviers, le mont HERTZL, le vieux marché de MAHANE-YEHOUDA, le MUR des LAMENTATIONS et très vite, m’aperçu que mes souvenirs étaient devenus trop petits car cette ville réunifiée était devenue la jonction de tous les quartiers Arabes ,Chrétiens et Juifs : impossible de voir les uns sans voir les autres :Cette ville aux mille Synagogues, cinq cent Mosquées, deux cent Eglises était devenue gigantesque. Et je passais d’un espace à un autre d’un état jubilatoire à l abattement :
Au mur des lamentations je vis une foule magnifique, un peuple retrouvé, rassemblé, une joie ineffable, une communion que je partageais. Je m’approchais du mur ému plutôt gêné, je ne savais comment m’y prendre pour prier, je n’étais pas venu là depuis si longtemps, mon bermuda blanc et mes tongs faisaient mesurer mon incongruité dans ces lieux. Alors s’approcha de moi un vieux rabbi tout petit. Avec ses yeux si malicieux, il me fit signe qu’il fallait prier, il m’entraina dans sa prière avec ses copains. On ne pouvais pas lui résister et il me le fit comprendre en me montrant son tatouage numéroté sur son bras .Puis je restais longtemps sur l’esplanade ou la sécurité était partout et rencontrais.. des touristes français et même des anciens de la division 156. La lune s‘installa comme un écrin sur cet Orient compliqué et la mélopée du muezzin : Allah ouakbar se déversa dans la nuit qui venait.
Le lendemain je traçais à travers les quartiers Arabes de SHEICH/JARRAH, WADI/EL JOZ, SILWAN et croisait une population hébétée, à la haine contenue aux provocations incessantes : les souks étaient vides. J’essayais de retrouver certains des parcours chrétiens qui m’avaient toujours touchés lors de mes voyages précédents, je revis Notre Dame de France, le nouveau centre culturel Français Romain Gary, l’Eglise St Stephen, le couvant St Vincent de Paul, m’arrêtais aussi sur le chemin du calvaire et fis le tour du jardin des Oliviers.
Finalement, dans cette incessante quête de sens, j’eu l’impression de me perdre et atterris dans un village Arabe ET TOR près du sommet du Mont des Oliviers non loin du magnifique hospice AUGUSTA VICTORIA. J’hésitais à rejoindre l’Eglise de la Rédemption d’où la vue sur Jérusalem est une splendeur, me perdis dans un dédale de rues ou l’on pouvait se faire égorger facile et là, j’eu vraiment peur :Je rencontrais l’hostilité environnente lorsque s’approcha de moi un vieux, très vieux monsieur, au visage très ridé; à le regarder, on pouvais croire lire le temps .qui me dis « toi le français, tu dois t’éloigner, cet endroit est dangereux ». Il m’indiqua le chemin du retour, j’avais pourtant envie de continuer la conversation avec lui, et lui demander pourquoi tant de haine, tant de barrières (d’ailleurs au loin on entrevoyait le nouveau mur de séparation entre Israéliens et Palestiniens).mais il me glissa dans un anglais hésitant la phrase suivante : « la terre appartient à celui qui l’aime le plus , aujourd’hui elle n’est plus à nous alors tout est permis »et me tourna le dos ; je m’en allait désemparé ,en somme ça voulait dire aussi: PLUTOT MOURIR QUE PERDRE…
Le samedi soir suivant,un samedi soir sur la terre , alors qu’une jeunesse folle, ivre de bonheur malgré la guerre, traversait la ville et tant pis pour l’attentat suicide , la nouvelle se répandit partout ; 27 militaires Israéliens étaient morts dans une embuscade et l’ambiance devint glacée , la peine était donc des 2 cotés : pas de gagnant ,les libanais aussi été avaient très durement touches par les bombardements israéliens .
Et sur place La guerre me direz vous, pouvait-on comprendre, qui avait gagné, qui avait perdu ? Le Hezb’Allah ou Israel ?
C’était difficile à évaluer : le temps des commissions d’enquête et autre résolution 1701 de l’ONU… allait venir mais ce que l’on pouvait retenir à travers les différents recoupements que j avais pu faire , c’était la photographie suivante :
Le Hezb’Allah était devenu incontournable sur la scène Libanaise, Israel n’avait pas vaincu de façon nette, d’ailleurs, de nombreuses fautes graves étaient, apparues quant à la conduite de cette guerre qu’il devra vite corriger ;en fin de compte Israël n’était pas préparé à cette guerre sale voulue par l’ennemi. Il restera aussi un coût économique de cinq milliards de dollars, un million de personnes déplacées, un tissu social endommagé, sans parler des dégâts écologiques. Tout cela fera réfléchir avant de reprendre la bataille et dans les profits et pertes qu’étaient devenus les otages Israéliens me direz vous ? ISRAEL avait fait une petite guerre, il ne devait pas gagner : les grands ne le voulaient pas , le prix aurait été trop élevé Le temps du mécontentement allait venir :cela avait bougé quand même : des innocents étaient morts ; la sacro sainte invincibilité d’ISRAEL en avait pris un coup :ça rappelait la guerre du Kippour ou la catastrophe avait été frôlée .

Alors Tout cela pour ça…Une fièvre éruptive sorte de violence d’été s’était emparée de la région, un mois de guerre pour se défouler ? étais ce possible Où allait ’on ? dans ce Moyen-Orient si écervelé ou tant d’enfants tremblent de peur, et tant de vies sont gâchées , peut-on continuer avec cette impression d’un train lâché à grande vitesse qui ne peut plus s’arrêter car les hommes qui le conduise sont devenus fous comme ces folles de Jérusalem ,toutes religions confondues recluses dans le couvant de St Vincent de Paul, pleurant leurs êtres disparus , sans comprendre ? Et cela peut-il durer longtemps sans laisser de traces irréparables :
Je revis les yeux du rabbi et ceux du vieil Arabe : la vie, l’amour des siens, les roses, la douceur de Jérusalem, il savaient ce que c’était, ça n’avait pas de prix CAR SI DIEU EXISTE C’EST BIEN à JERUSALEM QU’IL RESIDE ; cette guerre n’avait pas d’importance stratégique, ça n’était donc qu’une éruption. La menace, c’était l’Iran demain, avec sa future bombe atomique, le Hezb’Allah, c’était de la provoc .Ce qui est sur et sans faire l’ intello de salon , c’est qu’un pallier avait été franchi,et qu’il mène tout droit à la catastrophe , au choc de civilisation car il existe dans les cartons des faucons de tous bords des plans de guerre à faire frémir :ceux-ci feraient mieux de lire le dernier ouvrage- Collapse- de Jared Diamond professeur a l ‘UCLA ou comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie .
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Un mois de Katiouskas sur le nord de la Galilée avait éclipsé le problème de l’Iran, deux tiers des infrastructures du Liban détruits, cela avait éclipsé le problème des Palestiniens – un jour aussi, ils auront droit à une autre vie -ils devront retrouver leur dignité et abandonner le terrorisme aveugle pour être indépendant ; Israël devra aussi partager pour qu’a cote de lui il y ait aussi la joie : pas cette désespérance, pas les kamikazes.
Le SIONISME ça ne peut pas être l’isolement, il va falloir tendre la main mais comment ? sinon alors ça serait toujours PLUTOT MOURIR QUE PERDRE non pas possible : j’ai ,nous avons foi en un autre message d’ISRAEL, ce temps viendra….CAR IL EST DIT APRES LA NUIT VIENT LE JOUR .
Le temps présent, lui était passé très vite, trop vite. Je fis bien un break au King David ou l’on croise les cadors grands et petits et le tout charity plus ou moins business mais le cœur n’y était pas. Ca y est, c’était fini, l’aéroport était là devant moi ; et soudain, j’eu une drôle de buée dans les yeux, merde, la gorge nouée quoi ! Pas envie de rentrer, pourtant ma vie n’était pas là, qu’est ce que je les aimais ces gens pas si différent au fond avec leur foi en dieu : ce dieu qu « on dit de miséricorde et de bonté> ne pouvait il pas leur apporter la paix , rien à faire tout se bousculait dans ma tête, déjà l embarquement , l’avion était là .Quelqu’un me tapa sur l’épaule,je me retournais c’était mon vieil ami R.C. que je n’avais pas revu depuis 25 ans ,il me souris et me glissa à l’oreille : allez fais pas la gueule tu reviendras …alors tu te rappelles ? , oui forcement comment ne pas se rappeler tous nos rêves oui car la vie est devant et qu’il nous faut gagner TOUS ENSEMBLES OUI TOUS ENSEMBLES pour croire au lendemain … pour FAIRE REVER LES ENFANTS ET QU ’IL FAUT SAUVER l’ AMOUR ENTRE LES ETRES HUMAINS :OUI UNE VIE EN HABIT DU DIMANCHE …DAM DA DAMM


SHALOM/SALAM A L’ISRAEL. ALLEZ VISITER JERUSALEM REUNIFIEE.


P.S. : A l’heure ou vous lirez ces modestes lignes, d’autres développements verront le jour et je ne puis vous assurez lesquels car je ne suis ni prédicateur ni geo-stratege

A signaler :
- l’action d’AXA assistance, partenaire d’Agir 06 qui effectua la logistique du rapatriement en France des réfugiés du Liban
- l’action du West Eastern Divan Orchestra, orchestre dirigé par Daniel Barenbaum, installé à Séville qui fait jouer ensemble Israéliens et Palestiniens et qui donnera un concert le 23 août 2006 au Châtelet à Paris pour la paix

Une pensée pour :
- D Grossman célèbre écrivain israélien et commentateur très connu de la scène politique israélienne qui a perdu son fils le dernier jour de la guerre au sud Liban
- Rebecca jeune religieuse croisée dans la vieille ville qui me confia en s’enfuyant qu’elle aimait David qui étudiait dans une Yeshiva (école ) à New –York mais que cela ne changeait rien avec la distance , il était à NY,elle était à J peu importait puisque c’est Dieu qui décidait de tout


JEAN –PATRICK BENKEMOUN

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