Après avoir
longtemps hésité, l’été s’étala
de long en large si l’on puis dire avec la Coupe du monde
ou Z/Zidane malgré un port majestueux conservé nous
gratifia en finale d’un geste qui ne le grandissait pas
.Peut être, entrevoyant la défaite décida
t’il de s’éclipser d’un geste vengeur
: PLUTÔT MOURIR QUE PERDRE.
Et, la canicule où cette fois l’Etat français,
la leçon retenue compris qu’un remake de l été
2003 serait cette fois compté double. Avec en plus la présidentielle
2007 qui approchait, les politiciens ou les politiques, Chirac
et consorts conservèrent leur costumes : c’en était
touchant.
Tout le monde se préparait à partir en vacances.
Et nous comme vous étions prêts à planter
tout à la mode de chez nous – l’on verrait
bien à la rentrée factures, projets, emmerdes, etc…
Rien n’était urgent – jamais comme jamais les
autoroutes n’avaient autant fait le plein.
Et c’est alors qu’en plein été, Le Hezb’Allah
captura deux soldats Israéliens à la frontière,
allez savoir pourquoi, c’était de la provoc pour
sur. L’imam Nasrallah pariant qu’Israël se dégonflerait
– après le même épisode du Hamas à
Gaza , les conditions d’un drame étaient réunies
- l’Etat d’Israël se décida à répondre,
la tâche n’était pas aisée (la campagne
de Sharon 82 au Liban était dans toutes les mémoires).Le
Hezb’Allah était partout ; à Beyrouth sud,
au sud Liban, dans la plaine de la Bekaa, dans des caches …
chez les civils, du scolaire au social.. l’on saura plus
tard que le Q G du Hezb’allah était enterre sous
un Hôpital ..Un mini Vietnam attendait TSAHAL en terrain
connu.. pas tant que ça on allait le voir.
Les US déclarèrent la riposte d’Israël
légitime ; la France, en plein 14 Juillet, elle, trouva
cette riposte disproportionnée. Le G8 réuni à
Moscou tapa en touche pour quinze jours. En bref personne ne misait
sur de tels développements : on laissa faire
Les MEDIAS en boucle nous montrèrent l’horreur de
la guerre ; vous savez la mort des innocents ça passe mal
au 20h surtout si l’on ne sait pas pourquoi ces innocents
meurent et de quel camp sont-ils ?d’ ailleurs existe-t-il
un camp meilleur qu’un autre pour mourir Allez le faire
comprendre aux journalistes ; Quelle info de m. : ce que j’entendais
ne me convenais pas . Les vacances commençaient et la radio
nous passait en boucle le dernier tube de J. Clerc –je veux
vivre une vie de rien -C’est alors qu’un signal intérieur
me fit comprendre qu’il fallait aller voir ce pays toujours
autant décrié, attaqué, ISRAEL en pleine
tourmente ,ce pays aussi un peu le mien , pour témoigner.
Après tout, Tel Aviv, c’était seulement 3h30
d’avion.
Israël était
bien tombé dans la provocation du Hezb’Allah ,lui
qui avait évité par deux fois l’engrenage
des guerres d’Irak (1991, 2003 ), se trouvait plongé
une nouvelle fois dans la guerre (en plus une guerre de celle
ou l’on est jamais sur de gagner, ou l’ennemi utilise
des katiouskas téléguidés par téléphone
portable et des fous de dieu maniant machettes et sauvageries
avec délectation.)
Je décidais donc de partir pour Jérusalem ou ma
mère éperdue d’amour pour sa famille était
perdue seule dans un cimetière si grand, mais un cimetière
n’est il pas toujours trop grand et la vie ne se termine
t’elle pas toujours seul ?.. Je lui dédiait donc
mon amour éternel moi qui ne le lui avait plus dis depuis
si longtemps.
La vie reprit le dessus, la beauté de Jérusalem
sur laquelle un très grand saint avait déjà
tout dit, « dans le monde sur dix mesures de beauté,
Dieu en a réservé neuf pour Jérusalem et
une pour le reste du monde » allait à nouveau m’éblouir.
Voilà ce que
je vis, je tenais à vous en faire part à mon retour.
Je revisitais Jérusalem
avec les souvenirs de mes vingt ans, le DEJJ, L’UEJF, Kathy
,Myriam, les quartiers de la vieille ville, MEA-SHEARIM, la KNESSET,
YAD-VASHEM, le mont des Oliviers, le mont HERTZL, le vieux marché
de MAHANE-YEHOUDA, le MUR des LAMENTATIONS et très vite,
m’aperçu que mes souvenirs étaient devenus
trop petits car cette ville réunifiée était
devenue la jonction de tous les quartiers Arabes ,Chrétiens
et Juifs : impossible de voir les uns sans voir les autres :Cette
ville aux mille Synagogues, cinq cent Mosquées, deux cent
Eglises était devenue gigantesque. Et je passais d’un
espace à un autre d’un état jubilatoire à
l abattement :
Au mur des lamentations je vis une foule magnifique, un peuple
retrouvé, rassemblé, une joie ineffable, une communion
que je partageais. Je m’approchais du mur ému plutôt
gêné, je ne savais comment m’y prendre pour
prier, je n’étais pas venu là depuis si longtemps,
mon bermuda blanc et mes tongs faisaient mesurer mon incongruité
dans ces lieux. Alors s’approcha de moi un vieux rabbi tout
petit. Avec ses yeux si malicieux, il me fit signe qu’il
fallait prier, il m’entraina dans sa prière avec
ses copains. On ne pouvais pas lui résister et il me le
fit comprendre en me montrant son tatouage numéroté
sur son bras .Puis je restais longtemps sur l’esplanade
ou la sécurité était partout et rencontrais..
des touristes français et même des anciens de la
division 156. La lune s‘installa comme un écrin sur
cet Orient compliqué et la mélopée du muezzin
: Allah ouakbar se déversa dans la nuit qui venait.
Le lendemain je traçais à travers les quartiers
Arabes de SHEICH/JARRAH, WADI/EL JOZ, SILWAN et croisait une population
hébétée, à la haine contenue aux provocations
incessantes : les souks étaient vides. J’essayais
de retrouver certains des parcours chrétiens qui m’avaient
toujours touchés lors de mes voyages précédents,
je revis Notre Dame de France, le nouveau centre culturel Français
Romain Gary, l’Eglise St Stephen, le couvant St Vincent
de Paul, m’arrêtais aussi sur le chemin du calvaire
et fis le tour du jardin des Oliviers.
Finalement, dans cette incessante quête de sens, j’eu
l’impression de me perdre et atterris dans un village Arabe
ET TOR près du sommet du Mont des Oliviers non loin du
magnifique hospice AUGUSTA VICTORIA. J’hésitais à
rejoindre l’Eglise de la Rédemption d’où
la vue sur Jérusalem est une splendeur, me perdis dans
un dédale de rues ou l’on pouvait se faire égorger
facile et là, j’eu vraiment peur :Je rencontrais
l’hostilité environnente lorsque s’approcha
de moi un vieux, très vieux monsieur, au visage très
ridé; à le regarder, on pouvais croire lire le temps
.qui me dis « toi le français, tu dois t’éloigner,
cet endroit est dangereux ». Il m’indiqua le chemin
du retour, j’avais pourtant envie de continuer la conversation
avec lui, et lui demander pourquoi tant de haine, tant de barrières
(d’ailleurs au loin on entrevoyait le nouveau mur de séparation
entre Israéliens et Palestiniens).mais il me glissa dans
un anglais hésitant la phrase suivante : « la terre
appartient à celui qui l’aime le plus , aujourd’hui
elle n’est plus à nous alors tout est permis »et
me tourna le dos ; je m’en allait désemparé
,en somme ça voulait dire aussi: PLUTOT MOURIR
QUE PERDRE…
Le samedi soir suivant,un samedi soir sur la terre , alors qu’une
jeunesse folle, ivre de bonheur malgré la guerre, traversait
la ville et tant pis pour l’attentat suicide , la nouvelle
se répandit partout ; 27 militaires Israéliens étaient
morts dans une embuscade et l’ambiance devint glacée
, la peine était donc des 2 cotés : pas de gagnant
,les libanais aussi été avaient très durement
touches par les bombardements israéliens .
Et sur place La guerre me direz vous, pouvait-on comprendre, qui
avait gagné, qui avait perdu ? Le Hezb’Allah ou Israel
?
C’était difficile à évaluer : le temps
des commissions d’enquête et autre résolution
1701 de l’ONU… allait venir mais ce que l’on
pouvait retenir à travers les différents recoupements
que j avais pu faire , c’était la photographie suivante
:
Le Hezb’Allah était devenu incontournable sur la
scène Libanaise, Israel n’avait pas vaincu de façon
nette, d’ailleurs, de nombreuses fautes graves étaient,
apparues quant à la conduite de cette guerre qu’il
devra vite corriger ;en fin de compte Israël n’était
pas préparé à cette guerre sale voulue par
l’ennemi. Il restera aussi un coût économique
de cinq milliards de dollars, un million de personnes déplacées,
un tissu social endommagé, sans parler des dégâts
écologiques. Tout cela fera réfléchir avant
de reprendre la bataille et dans les profits et pertes qu’étaient
devenus les otages Israéliens me direz vous ? ISRAEL avait
fait une petite guerre, il ne devait pas gagner : les grands ne
le voulaient pas , le prix aurait été trop élevé
Le temps du mécontentement allait venir :cela avait bougé
quand même : des innocents étaient morts ; la sacro
sainte invincibilité d’ISRAEL en avait pris un coup
:ça rappelait la guerre du Kippour ou la catastrophe avait
été frôlée .
Alors Tout cela pour
ça…Une fièvre éruptive sorte de violence
d’été s’était emparée
de la région, un mois de guerre pour se défouler
? étais ce possible Où allait ’on ? dans ce
Moyen-Orient si écervelé ou tant d’enfants
tremblent de peur, et tant de vies sont gâchées ,
peut-on continuer avec cette impression d’un train lâché
à grande vitesse qui ne peut plus s’arrêter
car les hommes qui le conduise sont devenus fous comme ces folles
de Jérusalem ,toutes religions confondues recluses dans
le couvant de St Vincent de Paul, pleurant leurs êtres disparus
, sans comprendre ? Et cela peut-il durer longtemps sans laisser
de traces irréparables :
Je revis les yeux du rabbi et ceux du vieil Arabe : la vie, l’amour
des siens, les roses, la douceur de Jérusalem, il savaient
ce que c’était, ça n’avait pas de prix
CAR SI DIEU EXISTE C’EST BIEN à JERUSALEM QU’IL
RESIDE ; cette guerre n’avait pas d’importance stratégique,
ça n’était donc qu’une éruption.
La menace, c’était l’Iran demain, avec sa future
bombe atomique, le Hezb’Allah, c’était de la
provoc .Ce qui est sur et sans faire l’ intello de salon
, c’est qu’un pallier avait été franchi,et
qu’il mène tout droit à la catastrophe , au
choc de civilisation car il existe dans les cartons des faucons
de tous bords des plans de guerre à faire frémir
:ceux-ci feraient mieux de lire le dernier ouvrage- Collapse-
de Jared Diamond professeur a l ‘UCLA ou comment les sociétés
décident de leur disparition ou de leur survie .
.
Un mois de Katiouskas sur le nord de la Galilée avait éclipsé
le problème de l’Iran, deux tiers des infrastructures
du Liban détruits, cela avait éclipsé le
problème des Palestiniens – un jour aussi, ils auront
droit à une autre vie -ils devront retrouver leur dignité
et abandonner le terrorisme aveugle pour être indépendant
; Israël devra aussi partager pour qu’a cote de lui
il y ait aussi la joie : pas cette désespérance,
pas les kamikazes.
Le SIONISME ça ne peut pas être l’isolement,
il va falloir tendre la main mais comment ? sinon alors ça
serait toujours PLUTOT MOURIR QUE PERDRE non pas possible : j’ai
,nous avons foi en un autre message d’ISRAEL, ce temps viendra….CAR
IL EST DIT APRES LA NUIT VIENT LE JOUR .
Le temps présent, lui était passé très
vite, trop vite. Je fis bien un break au King David ou l’on
croise les cadors grands et petits et le tout charity plus ou
moins business mais le cœur n’y était pas. Ca
y est, c’était fini, l’aéroport était
là devant moi ; et soudain, j’eu une drôle
de buée dans les yeux, merde, la gorge nouée quoi
! Pas envie de rentrer, pourtant ma vie n’était pas
là, qu’est ce que je les aimais ces gens pas si différent
au fond avec leur foi en dieu : ce dieu qu « on dit de miséricorde
et de bonté> ne pouvait il pas leur apporter la paix
, rien à faire tout se bousculait dans ma tête, déjà
l embarquement , l’avion était là .Quelqu’un
me tapa sur l’épaule,je me retournais c’était
mon vieil ami R.C. que je n’avais pas revu depuis 25 ans
,il me souris et me glissa à l’oreille : allez fais
pas la gueule tu reviendras …alors tu te rappelles ? , oui
forcement comment ne pas se rappeler tous nos rêves oui
car la vie est devant et qu’il nous faut gagner TOUS
ENSEMBLES OUI TOUS ENSEMBLES pour croire au lendemain …
pour FAIRE REVER LES ENFANTS ET QU ’IL FAUT SAUVER l’
AMOUR ENTRE LES ETRES HUMAINS :OUI UNE VIE EN HABIT DU DIMANCHE
…DAM DA DAMM
SHALOM/SALAM A L’ISRAEL. ALLEZ VISITER JERUSALEM
REUNIFIEE.
P.S. : A l’heure ou vous lirez ces modestes lignes, d’autres
développements verront le jour et je ne puis vous assurez
lesquels car je ne suis ni prédicateur ni geo-stratege
A signaler :
- l’action d’AXA assistance, partenaire d’Agir
06 qui effectua la logistique du rapatriement en France des réfugiés
du Liban
- l’action du West Eastern Divan Orchestra, orchestre dirigé
par Daniel Barenbaum, installé à Séville
qui fait jouer ensemble Israéliens et Palestiniens et qui
donnera un concert le 23 août 2006 au Châtelet à
Paris pour la paix
Une pensée pour
:
- D Grossman célèbre écrivain israélien
et commentateur très connu de la scène politique
israélienne qui a perdu son fils le dernier jour de la
guerre au sud Liban
- Rebecca jeune religieuse croisée dans la vieille ville
qui me confia en s’enfuyant qu’elle aimait David qui
étudiait dans une Yeshiva (école ) à New
–York mais que cela ne changeait rien avec la distance ,
il était à NY,elle était à J peu importait
puisque c’est Dieu qui décidait de tout
JEAN –PATRICK BENKEMOUN